| Tous les moyens sont bons pour trouver une voiture |
On voit passer quelques voitures mais rien. Encore 1h30 comme ça, avant de trouver une voiture. La première chose qu'ils nous disent est : de quelle nationalité êtes-vous ? Ici il y a une importante ségrégation des israéliens. Tous le monde nous raconte des histoires sur eux, et personne ne veut les prendre en stop, ou dans les auberges. Non, nous on est françaises, on est gentilles, prenez-nous ! C'est un petit couple chilienne / anglais, trop mignons. La route est terrible, de la piste vraiment pourrie, mais le paysage est absolument magnifique. Le petit couple va passer la nuit au super lodge & spa de Puyuhapi, l'hotel de luxe qui exploite les fameux termes de la ville. Pour y aller, il faut payer une blinde, et prendre un bateau ! On s'arrête donc à l'embarcadère, situé à 16km du village. Bon ben on reprend le stop. On est au soleil, au bord de la piste. C'est super joli ici, la mer, le fjord, tout ça. Mais on commence à être couvertes de poussière de la piste, et on commence à en avoir bien marre. Mais on attend encore 1h30 ! Et qui s'arrête : un gros pick up avec déjà 4 auto-stoppeurs à l'arrière. On empile nos sacs sur eux, et nous on s'installe tranquillement à l'intérieur, et on délire sur le bout de chou d'un an et demi qui veut conduire avec son père. Et on arrive enfin à destination ! ON aura mis 7h pour faire 100km, dans 3 voitures différents, en attendant 3 fois 1h30 !!! Le dimanche n'est pas un bon jour pour le stop.
Le lendemain on veut aller au fameux parc Queulat, situé à 20km de là. On sort de l'auberge à midi (on avait besoin de repos quoi !). On commence à marcher sur a route en tendant le pouce quand une voiture passe. Il fait un temps magnifique, et je finis rapidement en short et débardeur, ça fait plaisir. On marche sous le soleil. Ah oui, j'ai perdu ma casquette ! Je crois que je l'ai laissé dans la dernière voiture où on a fait du stop. je sui dégoûtée. J'en suis réduite à enrouler mon foulard autour de ma tête. Au bout d'un moment, on se dit qu'on ne va jamais aller au parc en marchant, par contre au pire on peut finir aux thermes (la version cheap des thermes, située à 6km). Un petit chien croisé à la sortie de la ville nous accompagne. Au bout d'une heure et demi de marche sous le soleil, presque arrivées au thermes, on finit par trouver une voiture qui nous emmène au parc. A l'entrée du parc il y a plein de gens qui font du stop, dans les deux sens. Nous sommes donc dans le parc national Queulat. ON va se poser au petit mirador pour picniquer (empanadas). ON est ici pour voir ça:
Nous avons déjà marché presque 2h. Après manger on se motive pour faire l'ascension jusqu'au vrai point de vue. J'ai la boom box, et je me motive en chantant, je suis à fond ! On commence par traverser la passerelle. c'est vraiment trop beau ici.
Et c'est parti pour la marche. Ici on marche dans la forêt, c'est luxuriant, vert, parfois boueux. Un coup il fait bon, et 2m plus loin on perd 5°C, enfoncé sous les arbres. Je discute avec un oiseau, qui vient jusqu'à 20cm de moi. C'est super joli, et très agréable de marcher au milieu des arbres, après toute la sécheresse qu'on a traversée au sud. Mais ça grimpe !
Et au bout d'un peu plus d'une heure, on arrive à un super point de vue sur une "petite" cascade...
L'engin la cascade ! En haut le glacier, la cascade immense, l'eau le lac. ça envoie du lourd, c'est vraiment trop beau. On reste scotchées pendant un moment. Ah oui, on se bat aussi avec les taons : il y en a plein qui nous tournent autour régulièrement depuis l'entrée du parc, et on devient un peu folles parfois. Cette ascension valait vraiment le coup !
La descente est quand même plus facile. Je reste bloquée sur la passerelle un long moment, hypnotisée par cette eau au milieu des rochers.
Quand on retrouve la route, on est un peu fatiguées. On a marche environ 4h aujourd'hui, ça faisait bien longtemps qu'on ne s'était pas bougées comme ça. Et moi ça me fait trop plaisir de voir que ça va mieux, je peux faire des trucs, je suis moins malade (même si j'ai toujours une belle collection de mouchoirs dans mes poches).
On veut faire du stop pour rentrer, le village est quand même à 20km. Il y a déjà 2 personnes dans notre sens (les gars rencontrés hier au stop), et 4 personnes dans l'autre sens. Une camionnette finit par s'arrêter. C'est un espèce de wagon à bétail, le genre de truc où il y a des moutons. Ils ouvrent l'arrière... il y a déjà un couple, assis sur leur sac à dos, tout emmitouflés pour se protéger de la poussière et du froid. On monte, suivies des 2 gars. C'est assez funky, il y a du sable partout par terre, on reçoit de la poussière partout, mais c'est l'aventure ! et la route est magnifique.
Arrivées à la maison, on se fait un super plaisir : dîner aux céréales (on a trouvé des fitness !). On rencontre deux Américains de Californie dans notre hostel. On est seuls tous les 4, et on sympathise vite. Ils ont galéré toute la journée à faire du stop, ils en ont marre.
on les a aidé à trouver un moyen de sortir d'ici. Pour ça, nous sommes allés de resto en épicerie pour glaner des infos. Mais ici c'est presque la fin du monde, c'est vraiment très dur d'en sortir. Il y a très peu de bus, peu d'infos, et impossible de réserver. En gros il faut attendre le bus, et voir s'il y a de la place dedans. Aucun moyen d'être sûr que tu pourras partir comme ça. Les gars se découragent, mais on les motive du mieux qu'on peut. il doivent arriver à Puerto Cisnes avant demain midi pour prendre un bateau pour Chiloé. Ils réessaieront demain.
En attendant on passe la soirée tous les 4, seuls dans l'hostel. on se fait un super dîner, avec du bon vin chilien, et du lard dans notre riz au légumes (wouhou !). Et on joue encore aux cartes, à la bataille corse, que les américains connaissent (sous un autre nom). Très bonne soirée, très bonne rencontre.
Puyuhapi doît être le plus petit bled où nous sommes restées. Il n'y a même de bar, ou d'endroit où on peut s'assoir et boire quelque chose. Heureusement on a eu un super temps, on a passé bcp de temps au soleil, et on a bien bronzé !
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