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mardi 18 décembre 2012

Vanuatu : jour 2

Le deuxième jour est le meilleur. Après une bonne douche, on va profiter du petit déj, avec de beaux fruits frais, en regardant la mer sous le soleil. Et ensuite on embarque dans la jeep avec Sergio pour aller voir une tribu primitive. On a presque une heure de route (et le chauffeur bombarde !). Du coup on voit du pays. On passe au milieu du village. C’est vraiment vert et touffu ici. Les gens ne vivent pas dans des cases rondes comme en calédonie. Leurs habitations sont faites en roseau tressé, ont une forme de maison avec un toit pointu abritant un grand espace ouvert et une petite pièce fermée. Il y a aussi énormément de maisons en tôles. L’essence est vendue dans des bidons. Les « boutiques » font peur. Le premier bâtiment en dur que l’on voit c’est une école. Il y a plusieurs écoles, certaines françaises, certaines anglaises. Dans le village, sur une petite plage on voit l’embarquement. Le bateau ne ressemble à rien, et est tellement chargé qu’on croirait voir les boat people. Ici Ça ressemble à ce qu’on imagine du tiers monde. Après le village on prend une « route » de pire en pire. Ici ya de moins en moins de civilisation. Il y a des maisons dans les arbres, beaucoup beaucoup de végétation, de la terre de plus en plus foncée. On arrive enfin au « custom village ». Il n’y a rien ici. 


Quand on descend quelques personnes s’approchent. Notre chauffeur nous présente un gamin du nom de willy qui sera notre guide. Il nous donne des « colliers » faits de petites fleurs, et nous parle dans un anglais très correct. Il a 13 ans et va à l’école anglaise. Il y a aussi un homme qui nous guide et qui parle français. Les hommes ne portent qu’un cache-sexe en espèce de paille tenu par une ceinture plus ou moins élaborée. Les femmes portent une longue jupe en paille. C’est tout ce qu’ils ont sur eux, pas de vêtements, pas de bijoux, pas de peinture. Ils sont tous pieds nus, et les pieds de Willy (13 ans) sont 3 à 4 fois plus larges que les miens. Il y a quelques cahutes en roseaux tressé. Ils nous emmènent dans le « jardin ». Pour un œil novice c’est juste un coin touffu. Ils nous montrent les patates douces, le chou kanak, les bananes, les cannes à sucre, les tarots, les fruits, le kava… Et ça là, tu connais ? « ça si tu fumes, les policiers viennent te chercher en t’attachant les mains ». C’est un ENORME plant de cannabis. « on fume pas, ça aide à faire pousser le kava ».

  ensuite ils nous emmènent dans un abri observer les femmes qui cuisinent. On en voit une qui frotte une banane sur un morceau de bois pour faire une espèce de bouillie recueille dans une feuille de bananier. Puis elle y pose des feuilles de chou kanak, ferme le tout et le pose à côté sur des pierres au-dessus des braises. Elles nous font goûter le résultat : un espèce de gâteau sans goût mais calorique, qui doit constituer la base de leur alimentation. Il ya aussi des légumes cuits : patate douce, igname, morceaux de coco. 



Pendant ce temps les gamines sont posées en face en nous observent. Evidemment on ne mange pas tout. Elles appellent les poules  et leur donne le reste de coco, ça les rend folles (les poules). 












Ensuite on assiste à un jeu pour les filles : les gamines se mettent en rond, chantent et jouent, à ce qui ressemble à colin Maillard (les yeux fermés, sans bandeau). Ils nous montrent aussi le cochon (encore un peu sauvage avec ses défenses), et le cochon du chef (3 fois plus gros). Ici ils sont trop loin de la mer pour avoir du poisson, mais ils ont du cochon, du poulet, des roussettes… Ils nous emmènent dans un espace vide qui pourrait être leur place commune. Des nattes sont posées par terre avec de nombreux objets, un peu comme un marché artisanal. Les femmes ont fabriqué ces objets avec le peu qu’ils ont, pour les vendre. Il y a de bijoux, des petites sculptures, des sacs. Tout ça fait avec des graines, du bois etc, de manière très rustique. 


Ensuite on arrive au coin des hommes. Ils nous montrent comment faire du feu, en frottant un petit bout de bois sur un gros, ils finissent par enflammer un morceau de coco sèche. Avec ça ils allument une cigarette faite de feuille de bananier et de feuille de kava. On nous présente le chef, qui a une espèce de couronne et aussi un collier.

























 Ensuite on va s’assoir à l’écart pour assister au spectacle. Toute la tribu (une dizaine d’homme, autant de femmes, et 2 fois plus de gamins de tous âges) se rassemblent au milieu de la « place ». ici pas question de guitare. Ils n’ont que leurs pieds pour taper par terre, leurs mains pour taper, leurs voix pour accompagner. Ils sont en rond, ils font une espèce de petite danse, ils sautent, sur une « chanson » très rustique. Après ça ils viennent tous, un par un, nous serre la main en nous disant merci (luha). Ils ont une poigne très ferme, certains me broient la main ! Ensuite ils sortent un cahier et un stylo (tellement bizarre ici) et nous font écrire un mot. Ils ont une visite de touriste quasiment tous les jours ! On fait parler un peu notre guide, il nous dit qu’il ya seulement 3 enfants dans la tribu qui vont à l’école. Puis on va dire au revoir (imam) à tout le monde et on remonte dans la jeep.  





chauffeur, Chuck est très gentil. Il parle anglais, et il a mis des deux enfants à l’école française parce qu’il y a de plus en plus de touristes français (calédoniens). On s’arrête pour une autre visite. Une femme (avec des vêtements et tout) nous accueille et nous emmène dans une petite maison très jolie. On s’assoit, et comme à  l’école elle nous fait un exposé. Avec les belles peintures accrochées au mur, dans un très bon anglais, elle nous raconte la légende de l’île. Ça dit qu’un jour deux frères se sont séparés. Le plus petit a embarqué sur un bateau avec tout ce qui pouvait servir, et est parti. Le plus grand est resté à terre, il n’avait plus que des pierres. Il a fait un jardin (potager). Et grâce à ses pierres et aux feuilles de certaines arbres, par des petites cérémonie impliquant le kava, il fait la pluie et le beau temps pour entretenir son potager et manger à sa faim. Depuis le petit frère est revenu, et maintenant les habitants vont à l’école, portent des vêtements etc. C’est mignon, et pour illustrer tout  ça elle nous emmène dans le très joli jardin derrière, voir les autels et les pierres qui font la pluie et le soleil. Sur la route on passe devant un bâtiment qui m’étonne. Déjà il est en dure et tout (rare). Mais je me rends compte que ce qui fait bizarre c’est qu’il y a des vitres. En fait ici tous les « bâtiments » / abris sont ouverts, complètement. Il peut y avoir éventuellement des « fenêtres »/ouvertures, mais des vitres ça sert à quoi ? Ici il fait tout le temps chaud (très proche de l’équateur), ya pas de bête, ya aucune raison d’être fermé… Au retour sur la plage il y a beaucoup de monde, la plupart habillés en blanc, rassemblés debout. Le chauffeur nous explique qu’ils font la « messe » sur la plage. On rentre à l’hôtel pour le déjeuner, et une bonne petite sieste dans la chambre.
 


 L'hôtel



 les maisons dans les arbes
 Les jeeps avec plein de gens derrière







Et ensuite direction le volcan !!! C’est la principale attraction de l’île, tout le monde vient ici pour ça. On est une dizaine de calédoniens à embarquer dans la jeep, plusieurs sont derrière dans la benne. Il ya 2h de route ! il y a des passages un peu pourris, des passages faciles. Les endroits les plus dangereux (pentes notamment) sont bétonnés, sinon c’est que de la piste. La route est agréable pour voir du pays. Au bout d’une bonne heure on est en haut d’un pic, et on apperçoit enfin le volcan au loin. au fur et à mesure qu’on se rapproche la terre est de plus en plus noire. Au pied du volcan c’est magique. Il ya un immense plateau noir, des dunes noires, on se croirait sur la lune. On fait une halte au pied du volcan pour le goûter (jus de citron et chips de bananes poingo). Après toute cette route, au milieu de rien, on voit passer un mec qui court, pieds nus, les claquettes à la main. Mais il sort d’oû ? Et là ya de plus en plus de monde qui arrive. A croire qu’à la fin de leur journée, tout le monde vient là, c’est un peu la sortie du dimanche. On voit même passer un mec sur un cheval au galop… On se croirait dans un film, avec un décor comme ça et des apparitions si inattendues… Ces gens s’attaquent de front au volcan et montent à pied sur l’étroite piste qui monte au sommet. Je ne sais pas comment ils font, c’est tellement raide c’est presque de l’escalade, il leur faudrait un remonte pente. D’ailleurs il me semble avoir vu en photo un garçon faire du snow sur du sable, c’est peut-être là !




On rembarque dans la jeep pour s’approcher du volcan par une autre route qui monte bcp plus haut. On se gare dans un autre espace immense et vide, au pied d’un escalier. On enfile les chaussures de rando, et on commence à entendre des bruits bizarres. C’est un volcan en activité ! Notre guide (en claquettes, ou pieds nus) nous emmène au plus près des éruptions. On marche au bord du précipice, au milieu des cailloux et du sable (un peu comme à la dune du pyla).







On trouve enfin le bon spot, d’où on voit assez bien le cratère rouge, les nuages de cendre etc. de temps en temps il  ya une éruption qui fait bcp de bruit, comme une fusillade, ça fait peur. Il y a des morceaux de lave incandescents qui volent haut et retombe n’importe où. On comprend vite pourquoi on est pas descendu plus bas. Il y a des nuages de cendres, et de vapeurs chaudes chargées de soufre.  Quand le rouge fait de bulles et crache d’un coup c’est impressionnant !  C’est magique, ça fait peur, c’est un truc de fou. On est à fond avec nos appareils photo ! On est arrivés un peu avant la tombée de la nuit, c’est encore plus beau quand il fait sombre. Mais ça fait peur. Déjà on est haut, Sergio a le vertige (moi à force de monter en haut des colonnes à l’usine je crains bcp moins), et les éruptions font parfois bcp de bruit, on a vraiment l’impression que ça va ns tomber dessus. Le guide nous explique qu’il ya un classement de l’activité par niveau. Là c’est niveau d’activité 2, ça va. Il ya quelques années, niveau 3, il y a eu des morts. Ils avaient le nez en l’air pour éviter les cendres, et un morceau de lave en fusion les a fauchés. Paf. Et il ya eu pire, ça monte à niveau 5, 6 etc. Avant il y avait un lac en bas du volcan, mais récemment il s’est totalement asséché.  Bref c’est impressionnant, et on est pas totalement rassurés. On a des cendres dans les yeux, dans le cheveux, partout, et on respire des vapeurs désagréables. Sergio a une pensée pour les opérateurs de l’usine, notamment de l’usine d’acide qui bossent avec le soufre. Et oui sur le terrain on subit des trucs comme ça desfois ! Le vent est de plus en plus fort, avec les cendres et les vapeurs, on  décide de repartir avant la nuit. Le but initial est de rester pour voir le volcan la nuit (magnifique) et de redescendre de nuit. Mouai on est qd mm contents de descendre avec encore un peu de lumière… A un endroit, le guide nous raconte qu’il a vu cet énorme rocher là, tomber du ciel après une éruption. Ah ouai ben on va pas rester là hein. On retrouve la jeep et la longue roue, de nuit cette fois. Sous les étoiles, absolument magnifiques ici, grâce à l’absence de lumière. C’est wouaw ! et maintenant on est crevés, intoxiqués et pleins de cendres ! 



Arrivés à l’hôtel on se rue dans la douche (qui ne donne qu’un filet d’eau, et pas bcp d’eau chaude). Et on va enfin manger un morceau, il est presque 21h. On se retrouve à 4 avec les autres gars, pour un petit apéro. Moi je goûte aux frites de patates douces et au poisson curry. Et on teste aussi  pour dessert les bananes nepal, un truc hyper gras et tellement bon. Et finalement on retrouve nos lits et nos moustiquaires. Quelle journée !

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