Le
deuxième jour est le meilleur. Après une bonne douche, on va profiter du petit
déj, avec de beaux fruits frais, en regardant la mer sous le soleil. Et ensuite
on embarque dans la jeep avec Sergio pour aller voir une tribu primitive. On a
presque une heure de route (et le chauffeur bombarde !). Du coup on voit
du pays. On passe au milieu du village. C’est vraiment vert et touffu ici. Les
gens ne vivent pas dans des cases rondes comme en calédonie. Leurs habitations
sont faites en roseau tressé, ont une forme de maison avec un toit pointu
abritant un grand espace ouvert et une petite pièce fermée. Il y a aussi
énormément de maisons en tôles. L’essence est vendue dans des bidons. Les
« boutiques » font peur. Le premier bâtiment en dur que l’on voit
c’est une école. Il y a plusieurs écoles, certaines françaises, certaines
anglaises. Dans le village, sur une petite plage on voit l’embarquement. Le
bateau ne ressemble à rien, et est tellement chargé qu’on croirait voir les
boat people. Ici Ça ressemble à ce qu’on imagine du tiers monde. Après le
village on prend une « route » de pire en pire. Ici ya de moins en
moins de civilisation. Il y a des maisons dans les arbres, beaucoup beaucoup de
végétation, de la terre de plus en plus foncée. On arrive enfin au
« custom village ». Il n’y a rien ici. Quand on descend quelques personnes s’approchent. Notre chauffeur nous présente un gamin du nom de willy qui sera notre guide. Il nous donne des « colliers » faits de petites fleurs, et nous parle dans un anglais très correct. Il a 13 ans et va à l’école anglaise. Il y a aussi un homme qui nous guide et qui parle français. Les hommes ne portent qu’un cache-sexe en espèce de paille tenu par une ceinture plus ou moins élaborée. Les femmes portent une longue jupe en paille. C’est tout ce qu’ils ont sur eux, pas de vêtements, pas de bijoux, pas de peinture. Ils sont tous pieds nus, et les pieds de Willy (13 ans) sont 3 à 4 fois plus larges que les miens. Il y a quelques cahutes en roseaux tressé. Ils nous emmènent dans le « jardin ». Pour un œil novice c’est juste un coin touffu. Ils nous montrent les patates douces, le chou kanak, les bananes, les cannes à sucre, les tarots, les fruits, le kava… Et ça là, tu connais ? « ça si tu fumes, les policiers viennent te chercher en t’attachant les mains ». C’est un ENORME plant de cannabis. « on fume pas, ça aide à faire pousser le kava ».
ensuite ils nous emmènent dans un abri observer les femmes qui
cuisinent. On en voit une qui frotte une banane sur un morceau de bois pour
faire une espèce de bouillie recueille dans une feuille de bananier. Puis elle
y pose des feuilles de chou kanak, ferme le tout et le pose à côté sur des
pierres au-dessus des braises. Elles nous font goûter le résultat : un
espèce de gâteau sans goût mais calorique, qui doit constituer la base de leur
alimentation. Il ya aussi des légumes cuits : patate douce, igname,
morceaux de coco.
Pendant ce temps les gamines sont posées en face en nous
observent. Evidemment on ne mange pas tout. Elles appellent les poules et leur donne le reste de coco, ça les rend
folles (les poules).
Ensuite on assiste à un jeu pour les filles : les
gamines se mettent en rond, chantent et jouent, à ce qui ressemble à colin
Maillard (les yeux fermés, sans bandeau). Ils nous montrent aussi le cochon
(encore un peu sauvage avec ses défenses), et le cochon du chef (3 fois plus
gros). Ici ils sont trop loin de la mer pour avoir du poisson, mais ils ont du
cochon, du poulet, des roussettes… Ils nous emmènent dans un espace vide qui
pourrait être leur place commune. Des nattes sont posées par terre avec de
nombreux objets, un peu comme un marché artisanal. Les femmes ont fabriqué ces
objets avec le peu qu’ils ont, pour les vendre. Il y a de bijoux, des petites
sculptures, des sacs. Tout ça fait avec des graines, du bois etc, de manière
très rustique.
Ensuite on arrive au coin des hommes. Ils nous montrent comment
faire du feu, en frottant un petit bout de bois sur un gros, ils finissent par
enflammer un morceau de coco sèche. Avec ça ils allument une cigarette faite de
feuille de bananier et de feuille de kava. On nous présente le chef, qui a une
espèce de couronne et aussi un collier. 


Ensuite on va s’assoir à l’écart pour assister au spectacle. Toute la tribu (une dizaine d’homme, autant de femmes, et 2 fois plus de gamins de tous âges) se rassemblent au milieu de la « place ». ici pas question de guitare. Ils n’ont que leurs pieds pour taper par terre, leurs mains pour taper, leurs voix pour accompagner. Ils sont en rond, ils font une espèce de petite danse, ils sautent, sur une « chanson » très rustique. Après ça ils viennent tous, un par un, nous serre la main en nous disant merci (luha). Ils ont une poigne très ferme, certains me broient la main ! Ensuite ils sortent un cahier et un stylo (tellement bizarre ici) et nous font écrire un mot. Ils ont une visite de touriste quasiment tous les jours ! On fait parler un peu notre guide, il nous dit qu’il ya seulement 3 enfants dans la tribu qui vont à l’école. Puis on va dire au revoir (imam) à tout le monde et on remonte dans la jeep.
chauffeur, Chuck est très gentil. Il parle anglais, et il a
mis des deux enfants à l’école française parce qu’il y a de plus en plus de
touristes français (calédoniens). On s’arrête pour une autre visite. Une femme
(avec des vêtements et tout) nous accueille et nous emmène dans une petite
maison très jolie. On s’assoit, et comme à
l’école elle nous fait un exposé. Avec les belles peintures accrochées
au mur, dans un très bon anglais, elle nous raconte la légende de l’île. Ça dit
qu’un jour deux frères se sont séparés. Le plus petit a embarqué sur un bateau
avec tout ce qui pouvait servir, et est parti. Le plus grand est resté à terre,
il n’avait plus que des pierres. Il a fait un jardin (potager). Et grâce à ses
pierres et aux feuilles de certaines arbres, par des petites cérémonie
impliquant le kava, il fait la pluie et le beau temps pour entretenir son
potager et manger à sa faim. Depuis le petit frère est revenu, et maintenant
les habitants vont à l’école, portent des vêtements etc. C’est mignon, et pour
illustrer tout ça elle nous emmène dans
le très joli jardin derrière, voir les autels et les pierres qui font la pluie
et le soleil. Sur la route on passe devant un bâtiment qui m’étonne. Déjà il
est en dure et tout (rare). Mais je me rends compte que ce qui fait bizarre
c’est qu’il y a des vitres. En fait ici tous les « bâtiments » /
abris sont ouverts, complètement. Il peut y avoir éventuellement des
« fenêtres »/ouvertures, mais des vitres ça sert à quoi ? Ici il
fait tout le temps chaud (très proche de l’équateur), ya pas de bête, ya aucune
raison d’être fermé… Au retour sur la plage il y a beaucoup de monde, la
plupart habillés en blanc, rassemblés debout. Le chauffeur nous explique qu’ils
font la « messe » sur la plage. On rentre à l’hôtel pour le déjeuner,
et une bonne petite sieste dans la chambre.
L'hôtel
les maisons dans les arbes
Les jeeps avec plein de gens derrière

Et
ensuite direction le volcan !!! C’est la principale attraction de l’île,
tout le monde vient ici pour ça. On est une dizaine de calédoniens à embarquer
dans la jeep, plusieurs sont derrière dans la benne. Il ya 2h de route !
il y a des passages un peu pourris, des passages faciles. Les endroits les plus
dangereux (pentes notamment) sont bétonnés, sinon c’est que de la piste. La
route est agréable pour voir du pays. Au bout d’une bonne heure on est en haut
d’un pic, et on apperçoit enfin le volcan au loin. au fur et à mesure qu’on se
rapproche la terre est de plus en plus noire. Au pied du volcan c’est magique.
Il ya un immense plateau noir, des dunes noires, on se croirait sur la lune. On
fait une halte au pied du volcan pour le goûter (jus de citron et chips de
bananes poingo). Après toute cette route, au milieu de rien, on voit passer un
mec qui court, pieds nus, les claquettes à la main. Mais il sort d’oû ? Et
là ya de plus en plus de monde qui arrive. A croire qu’à la fin de leur
journée, tout le monde vient là, c’est un peu la sortie du dimanche. On voit
même passer un mec sur un cheval au galop… On se croirait dans un film, avec un
décor comme ça et des apparitions si inattendues… Ces gens s’attaquent de front
au volcan et montent à pied sur l’étroite piste qui monte au sommet. Je ne sais
pas comment ils font, c’est tellement raide c’est presque de l’escalade, il
leur faudrait un remonte pente. D’ailleurs il me semble avoir vu en photo un
garçon faire du snow sur du sable, c’est peut-être là !On rembarque dans la jeep pour s’approcher du volcan par une autre route qui monte bcp plus haut. On se gare dans un autre espace immense et vide, au pied d’un escalier. On enfile les chaussures de rando, et on commence à entendre des bruits bizarres. C’est un volcan en activité ! Notre guide (en claquettes, ou pieds nus) nous emmène au plus près des éruptions. On marche au bord du précipice, au milieu des cailloux et du sable (un peu comme à la dune du pyla).

On trouve enfin le bon spot, d’où on voit assez bien le
cratère rouge, les nuages de cendre etc. de temps en temps il ya une éruption qui fait bcp de bruit, comme
une fusillade, ça fait peur. Il y a des morceaux de lave incandescents qui
volent haut et retombe n’importe où. On comprend vite pourquoi on est pas
descendu plus bas. Il y a des nuages de cendres, et de vapeurs chaudes chargées
de soufre. Quand le rouge fait de bulles
et crache d’un coup c’est impressionnant ! C’est magique, ça fait peur, c’est un truc de
fou. On est à fond avec nos appareils photo ! On est arrivés un peu avant
la tombée de la nuit, c’est encore plus beau quand il fait sombre. Mais ça fait
peur. Déjà on est haut, Sergio a le vertige (moi à force de monter en haut des
colonnes à l’usine je crains bcp moins), et les éruptions font parfois bcp de
bruit, on a vraiment l’impression que ça va ns tomber dessus. Le guide nous
explique qu’il ya un classement de l’activité par niveau. Là c’est niveau
d’activité 2, ça va. Il ya quelques années, niveau 3, il y a eu des morts. Ils
avaient le nez en l’air pour éviter les cendres, et un morceau de lave en
fusion les a fauchés. Paf. Et il ya eu pire, ça monte à niveau 5, 6 etc. Avant
il y avait un lac en bas du volcan, mais récemment il s’est totalement asséché. Bref c’est impressionnant, et on est pas
totalement rassurés. On a des cendres dans les yeux, dans le cheveux, partout,
et on respire des vapeurs désagréables. Sergio a une pensée pour les opérateurs
de l’usine, notamment de l’usine d’acide qui bossent avec le soufre. Et oui sur
le terrain on subit des trucs comme ça desfois ! Le vent est de plus en
plus fort, avec les cendres et les vapeurs, on
décide de repartir avant la nuit. Le but initial est de rester pour voir
le volcan la nuit (magnifique) et de redescendre de nuit. Mouai on est qd mm
contents de descendre avec encore un peu de lumière… A un endroit, le guide
nous raconte qu’il a vu cet énorme rocher là, tomber du ciel après une
éruption. Ah ouai ben on va pas rester là hein. On retrouve la jeep et la
longue roue, de nuit cette fois. Sous les étoiles, absolument magnifiques ici,
grâce à l’absence de lumière. C’est wouaw ! et maintenant on est crevés,
intoxiqués et pleins de cendres !
Arrivés à l’hôtel on se rue dans la
douche (qui ne donne qu’un filet d’eau, et pas bcp d’eau chaude). Et on va
enfin manger un morceau, il est presque 21h. On se retrouve à 4 avec les autres
gars, pour un petit apéro. Moi je goûte aux frites de patates douces et au
poisson curry. Et on teste aussi pour
dessert les bananes nepal, un truc hyper gras et tellement bon. Et finalement
on retrouve nos lits et nos moustiquaires. Quelle journée !













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