Vendredi midi, je retrouve mon collègue Sergio pour partir
au Vanuatu. C’est un archipel d’îles volcaniques pas très loin d’ici :

On a un petit avion,
il galère avec ses grandes jambes. Le voyage est assez court, 1h30 Nouméa-Port
Vila. En arrivant là-bas, c’est le déluge ! A la sortie de l’avion (sur le
tarmac bien sûr) on nous donne des parapluies ! Mais en 5 min je suis qd
mm trempée. On fait des kilomètres à pied sur le tarmac pr rejoindre la zone
d’arrivée. On récupère nos bagages. On enchaine tout de suite avec l’avion pour
l’île de Tanna. L’aéroport est vraiment pas le même type que ceux qu’on
connaît. Ya pas d’écran, l’affichage des vols se fait « à la main »
sur un panneau, à raison de 3 vols par jour. Tout est ouvert. Dehors les
voitures ont des plaques type « NV99 ». Les cocotiers sont
différents, ébouriffés. Dehors on se mouille encore, pour aller jusqu’à
l’aéroport domestique juste à côté. On croise un mec qui se douche sous la
rigole d’eau de pluie. Cet aéroport est impressionnant, on se croirait en
Afrique. C’est petit, ouvert, chaud, vieux, pauvre… Il faut payer une taxe d’aéroport, on nous
donne une vague carte plastifiée. Les gens ici ont la peau plus foncé qu’en
Calédonie, ils ont le visage plus fin, plus joli. Tout le monde porte des
espèces de bermudas en jean et de larges t-shirt, avec des plaquettes (ou pieds
nus). Et au milieu de tout ç ya des stands de téléphone portables… On découvre
le bichlamar, la langue locale. J’adore, c’est super drôle. C’est de l’anglais
pour les nuls. La plupart des mots viennent de l’anglais, mais simplifié,
et en roulant les r. Merci bcp = tankyu tumas. Bonjour = gudmoning. Etc. C’est la
langue officielle, mais à l’école tout le monde apprend soit l’anglais soit le
français en plus, donc ya un peu de tout (même dans le journal). On embarque
sur le même avion, toujours sous la pluie. A l’intérieur l’ambiance n’est pas
la même, on est dans les îles. Le vol dure 40min, pour aller sur une île plus
au sud. En arrivant on voit du vert, du
vert, des cocotiers, bcp de vert, ah un morceau de goudron (le seul de
l’île) ! L’aéroport est minuscule et tout ouvert. On s’assoit sur un truc
jusqu’à ce que les valises arrivent. Le truc en fait c’est un espèce de
comptoir sur lequel ils posent les bagages (pas de tapis roulant c’est
sûr !). dehors il y a plein de jeeps et ça sent le diesel. On trouve notre
voiture pour l’hôtel, je galère à monter dedans tellement c’est haut, et ya
toujours des gens dans la benne derrière. Ici évidemment ce n’est que de la
piste partout. L’hôtel est sympa et les gens très accueillants. On a un
cocktail de bienvenue. Il y a une grande salle / terrasse qui donne sur la mer (mais
pas de plage), de la verdure, des bungalows. C’est sympa. On a un petit
bungalow au fond avec un grand lit, un petit lit, des moustiquaires
(merci !!!!) et une salle de bain. C’est un peu rustique, mais ça va très
bien. Sergio s’approprie le grand sous
prétexte qu’il est plus grand (bon ok c’est vrai, mais le petit a l’air moins
confortable qd mm).
Après s’être installés on va se promener un peu, sur la
route/chemin. Faut pas penser à trouver des boutiques ici… Ya du vert touffu,
des vaches, des papillons, des jolies fleurs, l’hôtel d‘à côté (très joli, on
va faire un tour juste pour se promener). Mouai bon laisse tomber ya rien. On
rentre à l’hôtel pour voir le coucher du soleil. Le site s’y prête bien, mais
il y a pas mal de nuages.
On se pose là dehors en prenant l’apéro (faut bien tester la bière locale). Nos voisins sont deux gars de Nouméa qui font le même voyage que nous exactement. Au fur et à mesure on va sympathiser avec eux.
Les serveuses sont supers, trop drôles, très gentilles, c’est elles qui nous prennent en photo pour qu’elles gardent des souvenirs de nous !
Sergio teste le bœuf local qui est très bon paraît-il (c’est vrai que les vaches ont l’air heureuses). Moi je mange du poulet Negae, c’est hyper bon !
Après ça tous les 4 on embarque ds la jeep, à fond sur les
routes pourries de nuit (ça fait peur) pour voir la soirée John Frum. Pendant
la 2nd guerre mondiale, un américain a débarqué ici en disant qu’ils
allaient virer les européens et que les locaux allaient découvrir les
richesses, et après ils sont arrivés avec des objets nouveaux. Depuis tous les
ans il y a une cérémonie, c’est un peu comme un culte. Et le vendredi soir ils
célèbrent en faisant une espèce de boom. Sous un faré à côté d’un énorme
banian, une demi-douzaine d’hommes se retrouvent avec des guitares et
commencent à jour et à chanter. Il fait noir, ils ont une lampe (ici c’est
VRAIMENT noir, ya pas de lampadaire sur l’île !). Au bout d’un moment les
femmes se joignent à eux, assises derrière, elles tapent dans leurs mains et
les accompagnent en chantant, et mettent une deuxième lampe. Elles ont des espèces de robes style missions
mais moins classe, et tout le monde a les cheveux courts, personne n’a de
tresses. Les chansons s’enchaînent et se ressemblent énormément pour nous
pauvres ignorants. Au bout d’un moment on se raconte qu’il y du monde derrière
nous. Quelqu’un allume une troisième lampe orientée vers l’extérieur du faré.
Il y a des jeunes qui dansent ! J’aurai pas pensé danser sur ça mais bon…
Ils sautent, ils bougent, ils sifflent (ils crachent bcp aussi). Ils sont tous
pareils, garçons et filles, on a du mal à faire la différence. Ils sont tous
pieds nus. Ils s’éclatent, au son des guitares, des claquements de mains, et
des voix. C’est sympa de voir ça, mais ça dure longtemps !
On finit par
rentrer enfin à l’hôtel, exténués. Je me glisse sous ma moustiquaire, j’écoute
le bruit des vagues et des margouillats, et je m’endors vite dans mon petit lit
(pas très confortable) sous ma moustiquaire (dans laquelle je me retrouve entortillée au petit matin). 


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire