Troisième jour.
Après un petit déj de roi (vraiment trop bon), on part passer la
journée dans une communauté. Sur la route on observe encore plein
de choses. Des singes, des oiseaux, un lémurien, un anaconda etc. Le guide prend des photos avec mon appareil photo à travers ses jumelles, super zoom.
| lémurien |
Aujourd'hui il
fait presque beau, pas de pluie, et c'est super agréable. Nos
fringues d'hier ne sont toujours pas sèches, mais c'est ça qu'on
remet, et ça ne sent pas bien bon...
| toucan |
The marching wasp, les guêpes qui marchent. Elles ont leur maison en dessous d'une fourmilière (oui dans un arbre). Le guide nous fait crier "march", puis on écoute. Boum boum, boum boum, on dirait le bruit d'une armée en marche, au loin. En fait c'est le guêpes, qui lorsqu'elle se sentent en danger, frappent leur abdomen contre la paroi de leur ruche, en rythme, pour faire croire à quelque chose de plus gros. Moyen de protection quoi. Enfin c'est impressionnant ce bruit d'armée en marche comme ça au milieu de la jungle, généré par ces insectes.
On arrive dans un
espèce de petit village, dont les maisons sont sur pilotis.
Le guide nous montre un certain fruit avec des graines rouges, qui sert de peinture.
Les cocos oranges, décidément je n'arrive pas à m'y faire. Pour comparaison, regardez les cocos en haut du blog...
On va cueillir du
manioc. C'est marrant : on coupe les grandes branches (qui ne
servent à rien), on déterre les racines, puis on coupe et on
épluche.
Ensuite on va
dans leur cuisine et on prépare un espèce de pain de manioc. Pour
cela on râpe le manioc, on s'y met à plusieurs pendant un bon moment, ça fatigue bien.
nsuite la dame
récupère tout le râpé et le met dans une espèce de natte
tressée, qu'elle ferme, suspend, et tord. Ça ressemble à une
presse rustique, elle essore le manioc, il en sort beaucoup d'eau
qu'elle récupère pour en faire de la soupe ou autre.
Quand elle rouvre
la natte, le manioc râpé est devenu très sec, comme de la coco ou
du parmesan (en blocs).
à elle prend un
autre tamis et on passe le manioc râpé au travers. On obtient alors
une fine poudre blanche, qui ressemble à de la farine. Avec ça on
fait le pain.
Sur la grande
poêle elle met un bol de farine de manioc, et l'étale à la main
(très très fin). Puis elle l'affine en pressant avec le bol, comme
si c'était un rouleau. Avec la chaleur ça devient une pâte qui
cuit, qu'elle retourne comme un crêpe. En quelques minutes c'est
prêt.
C'est une espèce
de grande crêpes blanche, qui n'a pas grand goût, et c'est la base
de leur alimentation. On la mange avec du thon ou de la confiture.
Pendant tout le procédé j'ai aidé la dame et c'était bien sympa.
Après le
déjeuner on embarque pour aller voir un chaman. En arrivant on est
accueillis par un homme vêtu du même espèce de sac à patate
coloré que portaient les gens dans la communauté de La Merced où
je suis allée au Pérou. Notre guide commence à nous parler des
chamans. Puis le chaman revient, paré de sa tenue de cérémonie,
avec tous ses colliers, couronne etc.
Il nous raconte
qu'il a commencé à étudier à 8 ans, jusqu'à 40 ans. Maintenant
il enseigne. On apprend plein de choses sur les chamans, leur vie,
leur boulot. C'est marrant parce qu'il parle en espagnol, et notre
guide traduit ensuite en anglais mais il ne dit pas la même chose...
Le chaman s'occupe ensuite d'un des nôtres, malade. Il commence à
chanter et à souffler, de la même façon qu'avait fait Miguel lors
de l'ayahuasca. Il utilise des feuilles bizarres qu'il passe sur le
dos et le ventre de notre ami, qui fait la grimace. Le but est
d'améliorer sa circulation sanguine. Les feuilles lui déclenchent
plein de boutons et de plaques rouges. Bon en fait ça doit juste
être urticant, ce qui évidemment stimule la circulation...
Sur la route du
retour on va voir un arbre géant, il faudrait une dizaine de
personnes pour en faire le tour. C'est beaucoup plus sympa quand il
fait beau !
Après une petite
pause hamac, on repart. On est
retournés au lac pour voir le coucher du soleil et se baigner. Je me
suis trop éclatée dans l'eau, à sauter, à nager, jouer, glander
etc. Je me sens trop bien dans l'eau, pas de vagues, pas de sel,
personne. Mais il faut bien sortir au bout d'un moment. J'y reste
jusqu'au tout dernier moment, puis on part chercher des caïmans dans
la nuit.
On a vu le plus
gros caïman. Le guide l'a repéré avec ses yeux rouges dans la
nuit. Il l'attire en faisant des bruits bizarre et en bougeant sa
main devant la lumière. Le caïman s'est vraiment approché très
près, sa gueule était à 20cm de la main du guide... Et il est
énoooooorme !!! Super gros, large, et avec la queue il est
vraiment long. C'était super impressionnant, il était tellement
gros et tellement près ! Trop cool.
Le soir on a
droit à une bonne douche chaude (youpi!). Et après quasiment toute
une journée de soleil, la pluie arrive, violente, toute la soirée.
Tant pis pour les étoiles... C'est notre dernière soirée, demain
on s'en va.
Quatrième jour. On se lève avec le soleil pour monter en haut de la tour et observer les oiseaux. On est à la hauteur de la canopée tout en haut, c'est chouette. Mais après un moment, je commence à péter un câble : je me fais bouffer par quelque chose. Je me jette sous la douche et me réfugie sous la moustiquaire. Mais plus tard ça revient, je suis poursuivie. Il y a un truc qui me pique, j'ai plein de boutons partout, je n'arrête pas de me gratter. Ma coloc finit par en avoir aussi. L'hypothèse du moment est : des puces ! Hier j'ai joué avec un chaton au village, peut-être qu'il m'a filé des puces, et que je contamine tout le monde... Mais plus tard on apprendra que ça a commencé avant, chez d'autres gens du groupe. Quel est donc ce mystère qui nous bouffe ? ça durera plusieurs jours avant de partir.
Derniers moments pour profiter du lodge, petit déj, sac, au revoir etc. Puis c'est le retour. 2h de bateau, quelques singes sur la route.
Je commence à penser à mon retour à la civilisation. Je vais à Quito, la capitale. J'appréhende énormément ce retour dans une grande ville. On retrouve le pont, les voitures. 2h de route. La gare, la civilisation, un coca ! On es 4 de notre groupe à prendre le même bus de 7h pour Quito. Ce fût long, et je n'avais rien à faire, à part écouter la même musique pourrie qui repasse la macarena toutes les 15min....Ces quelques jours dans la jungle étaient vraiment magiques. On est vraiment loin de tout. Aucun signe de présence humaine, pas de lumière, pas de bruit de voiture, pas de musique, pas de connexion. beaucoup de vie et de nature. Tout est très écologique, le lodge, les matériaux, les méthodes utilisées, la communauté locale en profite, bref c'est top. J'ai vu plein d'animaux, qu'on ne voit normalement que dans les zoos. J'ai eu de l'aventure. C'était super !!!!
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