A la sortie du village on reprend le stop. Ce sera notre dernière fois toutes les deux. On se tape un gros délire en chantant du Goldman avec la boom box
Au tour de
Jackie. Ils ont retourné son sac aussi. Et au final ils ont trouvé
une plume, souvenir de je ne sais plus où. Branle bas de combat,
quel danger peut apporter cette plume ? Ils finissent par
couper un bout de la tige, et elle peut partir avec. Quel sketch
cette fouille ! Bref on arrive à passer quand même, encore
un nouveau tampon (Argentine, Chili, Argentine, Chili etc). Quelques
kilomètres après la frontière on dépose Jackie. Elle a trouvé du
volontariat dans le centre touristique du parc, c'est là que nos
chemins se séparent, après plus d'un mois. Je continue seule avec
mon camionneur. Il s'arrête au milieu de rien, avec un autre
camionneur, et ils font du trafic d'essence, je n'ai pas cherché à
comprendre. J'ai perdu beaucoup de temps, et là je suis pressée.
Plus loin mon
chauffeur s'arrête, il y a des petits marchands au bord de la route.
Il me tend un sandwich avec du pain maison cuit au four et du
fromage. Je ne sais pas d'où il a sorti ça, mais c'était vraiment
bon ! A Osorno, il m'emmène sur une espèce d'air
d'autoroute, où il passe 20min à garer son camion, avant de larguer
la cargaison. On se retrouve avec un camion tout nu, et comme ça il
m'emmène en ville jusqu'au terminal de bus. Il est 21h15, j'ai tout
juste le temps d'acheter mon billet, un paquet de gâteau, et me
voilà dans le bus de nuit pour Santiago ! Pour à peine
15000 pesos, soit 1,5 nuit en auberge, je dors dans le bus et me
réveille à 10000km. Un truc marrant dans les bus au chili, c'est qu'ils en appellent à ton devoir civique d'éviter les accidents : tu dois attacher ta ceinture et dénoncer le chauffeur s'il roule trop vite (il y a une alarme).
Je ne dors pas
très bien dans le bus, et me retrouve à l'arrivée un peu cassée,
et un peu désorientée. Santiago est une capitale, il faut que je me
réhabitue à être dans une ville, et à être seule. En arrivant je
recherche à joindre mon contact, Ignacio. C'est un ami d'amis
voyageurs. Je suis ses indications et prends le métro. Ah ça c'est
vraiment un truc qui ne me manque pas ! Après environ 1h de
transport, Ignacio passe me prendre en voiture et me ramène chez
lui. Il travaille de chez lui, donc il fait les horaires qu'il veut.
Il me met à l'aise, et retourne bosser. Je suis un peu cassée du
voyage, et il me semble qu'on est loin de tout ici, donc je passe ma
journée à glander. Je fais connaissance avec Ignacio, qui est un
peu Chilien mais surtout très Américain (du Texas), travaille
beaucoup, fait du sport, dors peu etc. Il vit dans une belle petite
maison tout confort avec jardin, dans un quartier résidentiel
tranquille. Dans l'aprem on va faire un tour au mall (wouaw c'est
grand!), et je me trouve... un épilateur ! Tout petit et
rechargeable, comme celui de Jackie que j'ai squatté pendant 1 mois.
Je lui cuisine ma fameuse tarte aux pommes. Il fait super beau, et
chaud. J'ai rangé mon manteau et ma veste en merinos, et sorti mon
short et mes claquettes. J'ai lavé mes chaussures, et je ne les ai
pas reconnues, elles avaient vraiment cette couleur ? Ici le
climat est complètement différent, pas de pluie, vaguement froid le
soir mais chaud dans la journée, ça fait plaisir !!! On passe
la soirée avec Pilar, son amie chilienne. On fait un «
dîner » typique chilien, le « once ». C'est
plutôt un snack, avec du pain, des avocats, du fromage etc. Et ma
tarte ! Puis on regarde un film. Quand Pilar s'en va,
j'assiste à un deuxième film en live, une comédie romantique se
joue sous mes yeux, puisque Ignacio est fou de Pilar, et c'est le
moment du « je lui plais aussi ? J'aurai dû faire
quelque chose ! Qu'est-ce que je fais maintenant? ».
Bref je m'éclate à le voir se prendre la tête sur les textos.
Deuxième jour à
Santiago, bon là il faut que j'explore un peu. Je prends mon temps
le matin, et Ignacio me pose en ville vers midi. Un petit coup de
métro et je suis au centre ville. Je suis ses conseils et pars en
exploration. D'abord un tour à la feria (marché), où je m'achète
une casquette. Je ne l'aime pas, mais bon là je commence à vraiment
en avoir besoin ! Elle fait bien touriste avec écris «
chili » dessus... Ensuite je gravis le Cerro Santa Lucia.
Petite colline très mignonne au milieu de la ville, avec des
vieilleries et une vue.
| nouvelle casquettes, nouvelles lunettes, nouvelles boucles d'oreilles |
Mais bon la vue
sur la ville quoi. Pff j'aime pas les villes. Après ça je traîne
dans le quartier qu'Ignacio m'a décrit comme « très joli et
très français », sans rien lui trouver de spécial. Enfin
j'arrive sur un espèce de parc sympa, et là ça me fait plaisir de
me ballader là-dedans. Je continue plus loin, de l'autre côté de
la costanera, l'espèce de rivière, totalement asséchée. J'ai
croisé des bizuth, pieds nus, couverts de farine et autres
cochonnerie, en train de faire la manche pour financer leur
intégration (c'est la rentrée à la fac aussi), des étudiants en
dessin ou en archi, qui dessinent des vieux bâtiments, des gens qui
vendent des trucs aux feux, ou mieux : qui jonglent, ou encore
jouent de la musique.
J'ai trouvé un
quartier mort, qui a l'air d'être plutôt pour la nuit. J'ai croisé
plein de gens avec des looks bizarres. En revenant au parc, j'ai
aperçu un truc suspendu à un arbre. Mais... c'est bien un tissu, ce
truc trop cool où on grimpe pour faire des figures, une discipline
de cirque que j'adore. J'en avais fait un peu il y a quelques années.
Ni une ni deux, je vais voir ça et commence à discuter avec le
petit couple à côté. Les deux ont un look incroyable, à base de
crâne à moitié rasé à moitié long, des piercings etc. Il me
fait monter au tissu, et je me souviens de quelques trucs. Il me
remontre quelques trucs, me fait des démos et tout, c'est super
sympa !
Puis c'est
l'heure, je retrouve Ignacio et sa voiture qui me ramènent à la
maison. On fait une pause express à la maison, et on repart, ce soir
il y a un plan !
Il a une très
bonne amie qui joue du hautbois dans un grand orchestre. Ce soir
c'est son grand soir, il ya un grand concert où elle fait un solo,
apparemment c'est un truc énorme qu'elle prépare depuis longtemps.
Il n'a que 2 places, il emmène Pilar (le rendez-vous parfait pour
conclure!). Et moi ? Je vais explorer le Cerro Cristobal, et
on se rejoint plus tard. Il me pose au pied de la colline. Je suis
habillée pour sortir, avec ma robe et mes sandales. Autour de moi il
y a plein de vélos, et quelques coureurs. Je commence à monter,
c'est tranquille. Premier plateau, je trouve un plan et me rends
compte que cette colline est très grande. Pour aller voir la vierge,
point culminant, je dois marcher plus de 2 km, et ça monte !
Bon ben c'est parti... J'ai pris mon temps, et en tout j'ai dû
mettre quasiment 1h à arriver en haut. Sur le chemin j'ai vu tous
les côtés. Santiago est située près de la frontière argentine,
et de la cordillère des andes. Plus loin vers l'ouest c'est
Valparaiso et la mer. Mais en fait Santiago est entourée de
montagnes, de tous les côtés ! En fait il y a une autre
petite chaîne de montagne entre la ville et la mer. En haut je ne
regarde même pas la vierge, je n'ai d'yeux que pour la vue. La ville
s'étend partout où elle peut, jusqu'au pieds de chaque montagne, de
tous les côtés.
J'entends parler
anglais, et rencontre deux filles. Elles sont américaine et
polonaise, ici pour faire du volontariat, un truc organisé où elle
vont donner des cours d'anglais. ON admire le coucher du soleil, le
changement des couleurs. Dès que le soleil passe derrière la
montagne, on commence à descendre. Il fait vite sombre sur le
chemin, et nous ne sommes pas très bien équipées. Arrivées en
bas, je dois marcher encore un bon moment pour revenir dans le
quartier où j'étais ce matin, où je dois retrouver les autres.
Nous passons dans un quartier où ça bouge. Il y a beaucoup de bar
et de resto, avec des tables dans la rue, et tout est plein. Puis je
passe dans le Patio Bellavista, où il y a encore plus de monde. Je
croise même de la musique live dehors. J'ai beaucoup marché pour
arriver en haut, et là je marche encore beaucoup, tout ça avec mes
sandales. Je suis contente d'arriver. Le quartier est très sympa la
nuit. Ignacio m'a prévenu que lui arriverait plus tard parce qu'il
reste jusqu'à la fin du concert. Mais son amie soliste est là avec
les premiers invités. Nous sommes dans un resto sympa, mais je ne
connais personne. Je demande au serveur, français, qui m'indique le
coin réservé pour eux. Je m'y installe, pas très à l'aise car je
ne connais personne, ça fait un peu squattage. Mais je me présente,
et très vite un vieux se met à discuter avec moi. C'est le papa de
Lilian, la fameuse soliste pour qui tout le monde se réunit ce soir.
Il parle français, adore la france, et est super marrant. J'ai passé
une bonne partie de la soirée avec lui. Je rencontre pas mal de
gens, crève de faim et de soif. Ils me proposent des tapas qu'ils
ont commandé, et j'attends mon vin pendant 1h30, pas très bien
organisé tout ça. La salle se remplit, et Ignacio et Pilar arrivent
beaucoup plus tard. A ce stade j'ai rencontré plusieurs personnes,
et je me rends compte que la plupart parlent aussi bien l'anglais que
l'espagnol. Quand ils arrivent, Pilar s'assoit à côté de moi et du
coup je parle espagnol avec elle. Le concert était grandiose. J'ai
passé un soirée sympa, et je me suis fait un nouvel ami : le
papa (et sa femme) m'ont chaleureusement invitée à venir les voir
aux Etats-Unis (yes encore un contact là-bas!). Après le resto on
va boire un verre chez Pilar et ses colocs. Ils habitent en hauteur
et ont une belle vue. Ils sont sympa, ils parlent espagnol. Je suis
un peu fatiguée et je ne suis pas tout, mais c'est cool. Dans la
voiture plus tard je fais un debrief avec Ignacio, qui a un énorme
sourire niais après sa soirée avec Pilar.
Dernier jour à Santiago. Réveil très tôt car Ignacio a un rdv tôt en ville, et me dépose en plein centre ville. Il est tellement tôt que rien n'est ouvert. Du coup je déambule dans les rues tranquillement. Puis je vais au musée des Beaux-Arts que j'avais repéré. C'est minuscule, je fais le tour en 30min.
Puis au grand
mall du centre ville, et au Mercado Central dont on m'a tant parlé.
Il y a plein de choses, des fruits des légumes du poisson, des
endroits pour manger, et des tonnes de gens qui m'apostrophent pour
me proposer de manger dans leur resto ou savoir ce que je cherche
etc. Je ne m'y sens pas à l'aise, et préfère retourner au mall
déjeuner au Burger King... Bon j'ai un peu honte, mais en même
temps j'ai boycotté tout ça pendant 2 mois et demi, tant pis je me
lâche, du moment que c'est pas McDo. Je reprends ma ballade, passe
dans les jolies églises (celles-ci me plaisent, vieilles et décorées
comme chez nous), dans une longue rue piétonne bordée de grands
magasins, avec des gens en costumes, des mecs qui cirent les
chaussures dans la rue, des bâtiments vieux et beaux comme chez nous
etc. Je reprends le métro, ici dans chaque station il y a de grandes
fresques murales c'est superbe. Arrivée chez Ignacio, personne. Je
suis rentrée plus tôt que prévue, et je suis fermée dehors
! Ce n'est pas grave, je vais me poser au mini parc au bout de la
rue, bouquine et fais une petite sieste. Quand je me lève pour
repartir, je le croise en voiture. J'ai juste le temps de lui dire au
revoir et merci, il part prendre son avion pour Buenos Aires. Moi je
reste me poser un peu avant d'aller prendre un bus pour Valparaiso.
Je ne suis pas restée longtemps à Santiago, je ne suis pas fan des
grandes villes, c'est toujours un peu moche, et toujours un peu
pareil. Mais il a fait beau, et j'ai passé quelques bons moments.
Pour aller à Valparaiso, c'est tout un périple. En sortant de la
maison, je marche un peu, puis je prends un taxi pour aller à la
station de métro (1700 pesos rien que pour ça!), puis la moitié de
la ligne de métro. Je me suis trompée de station, je suis sortie à
la gare de train. Du coup j'ai dû marché un moment, et j'ai fini
dans une gare de bus que je ne connais pas, ce n'est pas la même que
celle où je suis arrivée. Il y a du monde partout, beaucoup de
queue. Je tente de prendre un billet avec les bornes, mais elles
n'acceptent pas ma CB. Je me résous donc à faire la queue. Je finis
par avoir un billet pour 3000 pesos, quasiment 2h, le bus part dans
5min. Il n'y a quasiment personne, et je m'installe tranquillement.
Je suis en haut, à l'avant, j'ai donc une grande vue pour moi, et je
profite du coucher de soleil sur la route.
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