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dimanche 23 mars 2014

Santiago, capitale du Chili


Départ de Bariloche. Mon but est d'aller jusqu'à Santiago au Chili, en prenant un bus de nuit depuis Osorno. Pour aller jusqu'à Osorno, le bus étant presque 2 fois plus cher dans ce sens-là, on le fera en stop ! Nous sommes donc 4 filles à partir de Bariloche en stop. Nous prenons notre temps, grass mat', petit déj, film etc, et sortons vers midi. Nous nous séparons pour faire du stop, mais ça marche très mal. Nous n'arrêtons pas de nous recroiser. On marche un peu, on se pose et on essaye, on remarche on croise les filles etc. Après un temps interminable, on se décide à prendre un taxi à 4 pour sortir de la ville de Bariloche. Là on trouve une voiture qui nous emmène toutes les 4, super ! Sauf qu'il nous pose 20km avant le village, au milieu de rien. La loose quoi. On traverse un pont avec une jolie vue :
Et finalement un camion s'arrête, et j'y monte avec Jackie. Il ne nous pose qu'à l'entrée de Villa Angostura. Nous traversons donc à pied ce joli petit village de 4 blocks.

A la sortie du village on reprend le stop. Ce sera notre dernière fois toutes les deux. On se tape un gros délire en chantant du Goldman avec la boom box
Nous trouvons un énorme camion qui va jusqu'à Osorno youpi !!! On passe d'abord la frontière Argentine sans souci. Puis arrive la frontière Chilienne, qu'on ne peut pas traverser avec des objets dangereux comme des fruits... On passe les formalités des papiers, puis c'est la fouille des sacs. Ici ils n'ont pas de scanner, alors ils fouillent tout à la main, très consciencieusement dans tous les recoins, dans toutes les poches. Et attention ils finissent par trouver.... une gousse d'ail ! Oh la terroriste ! Je ne l'ai pas déclaré avant (ben non j'ai zappé moi cette pauvre gousse d'ail). Du coup ils peuvent me mettre une amende... Mais non c'est bon je passe au travers. Ouf !
Au tour de Jackie. Ils ont retourné son sac aussi. Et au final ils ont trouvé une plume, souvenir de je ne sais plus où. Branle bas de combat, quel danger peut apporter cette plume  ? Ils finissent par couper un bout de la tige, et elle peut partir avec. Quel sketch cette fouille  ! Bref on arrive à passer quand même, encore un nouveau tampon (Argentine, Chili, Argentine, Chili etc). Quelques kilomètres après la frontière on dépose Jackie. Elle a trouvé du volontariat dans le centre touristique du parc, c'est là que nos chemins se séparent, après plus d'un mois. Je continue seule avec mon camionneur. Il s'arrête au milieu de rien, avec un autre camionneur, et ils font du trafic d'essence, je n'ai pas cherché à comprendre. J'ai perdu beaucoup de temps, et là je suis pressée.
Plus loin mon chauffeur s'arrête, il y a des petits marchands au bord de la route. Il me tend un sandwich avec du pain maison cuit au four et du fromage. Je ne sais pas d'où il a sorti ça, mais c'était vraiment bon  ! A Osorno, il m'emmène sur une espèce d'air d'autoroute, où il passe 20min à garer son camion, avant de larguer la cargaison. On se retrouve avec un camion tout nu, et comme ça il m'emmène en ville jusqu'au terminal de bus. Il est 21h15, j'ai tout juste le temps d'acheter mon billet, un paquet de gâteau, et me voilà dans le bus de nuit pour Santiago  ! Pour à peine 15000 pesos, soit 1,5 nuit en auberge, je dors dans le bus et me réveille à 10000km. Un truc marrant dans les bus au chili, c'est qu'ils en appellent à ton devoir civique d'éviter les accidents : tu dois attacher ta ceinture et dénoncer le chauffeur s'il roule trop vite (il y a une alarme).


Je ne dors pas très bien dans le bus, et me retrouve à l'arrivée un peu cassée, et un peu désorientée. Santiago est une capitale, il faut que je me réhabitue à être dans une ville, et à être seule. En arrivant je recherche à joindre mon contact, Ignacio. C'est un ami d'amis voyageurs. Je suis ses indications et prends le métro. Ah ça c'est vraiment un truc qui ne me manque pas  ! Après environ 1h de transport, Ignacio passe me prendre en voiture et me ramène chez lui. Il travaille de chez lui, donc il fait les horaires qu'il veut. Il me met à l'aise, et retourne bosser. Je suis un peu cassée du voyage, et il me semble qu'on est loin de tout ici, donc je passe ma journée à glander. Je fais connaissance avec Ignacio, qui est un peu Chilien mais surtout très Américain (du Texas), travaille beaucoup, fait du sport, dors peu etc. Il vit dans une belle petite maison tout confort avec jardin, dans un quartier résidentiel tranquille. Dans l'aprem on va faire un tour au mall (wouaw c'est grand!), et je me trouve... un épilateur  ! Tout petit et rechargeable, comme celui de Jackie que j'ai squatté pendant 1 mois. Je lui cuisine ma fameuse tarte aux pommes. Il fait super beau, et chaud. J'ai rangé mon manteau et ma veste en merinos, et sorti mon short et mes claquettes. J'ai lavé mes chaussures, et je ne les ai pas reconnues, elles avaient vraiment cette couleur  ? Ici le climat est complètement différent, pas de pluie, vaguement froid le soir mais chaud dans la journée, ça fait plaisir  !!! On passe la soirée avec Pilar, son amie chilienne. On fait un «  dîner  » typique chilien, le «  once  ». C'est plutôt un snack, avec du pain, des avocats, du fromage etc. Et ma tarte  ! Puis on regarde un film. Quand Pilar s'en va, j'assiste à un deuxième film en live, une comédie romantique se joue sous mes yeux, puisque Ignacio est fou de Pilar, et c'est le moment du «  je lui plais aussi  ? J'aurai dû faire quelque chose  ! Qu'est-ce que je fais maintenant?  ». Bref je m'éclate à le voir se prendre la tête sur les textos.


Deuxième jour à Santiago, bon là il faut que j'explore un peu. Je prends mon temps le matin, et Ignacio me pose en ville vers midi. Un petit coup de métro et je suis au centre ville. Je suis ses conseils et pars en exploration. D'abord un tour à la feria (marché), où je m'achète une casquette. Je ne l'aime pas, mais bon là je commence à vraiment en avoir besoin  ! Elle fait bien touriste avec écris «  chili  » dessus... Ensuite je gravis le Cerro Santa Lucia. Petite colline très mignonne au milieu de la ville, avec des vieilleries et une vue.

nouvelle casquettes, nouvelles lunettes, nouvelles boucles d'oreilles

Mais bon la vue sur la ville quoi. Pff j'aime pas les villes. Après ça je traîne dans le quartier qu'Ignacio m'a décrit comme «  très joli et très français  », sans rien lui trouver de spécial. Enfin j'arrive sur un espèce de parc sympa, et là ça me fait plaisir de me ballader là-dedans. Je continue plus loin, de l'autre côté de la costanera, l'espèce de rivière, totalement asséchée. J'ai croisé des bizuth, pieds nus, couverts de farine et autres cochonnerie, en train de faire la manche pour financer leur intégration (c'est la rentrée à la fac aussi), des étudiants en dessin ou en archi, qui dessinent des vieux bâtiments, des gens qui vendent des trucs aux feux, ou mieux  : qui jonglent, ou encore jouent de la musique.
J'ai trouvé un quartier mort, qui a l'air d'être plutôt pour la nuit. J'ai croisé plein de gens avec des looks bizarres. En revenant au parc, j'ai aperçu un truc suspendu à un arbre. Mais... c'est bien un tissu, ce truc trop cool où on grimpe pour faire des figures, une discipline de cirque que j'adore. J'en avais fait un peu il y a quelques années. Ni une ni deux, je vais voir ça et commence à discuter avec le petit couple à côté. Les deux ont un look incroyable, à base de crâne à moitié rasé à moitié long, des piercings etc. Il me fait monter au tissu, et je me souviens de quelques trucs. Il me remontre quelques trucs, me fait des démos et tout, c'est super sympa  !

 
Puis c'est l'heure, je retrouve Ignacio et sa voiture qui me ramènent à la maison. On fait une pause express à la maison, et on repart, ce soir il y a un plan  !


Il a une très bonne amie qui joue du hautbois dans un grand orchestre. Ce soir c'est son grand soir, il ya un grand concert où elle fait un solo, apparemment c'est un truc énorme qu'elle prépare depuis longtemps. Il n'a que 2 places, il emmène Pilar (le rendez-vous parfait pour conclure!). Et moi  ? Je vais explorer le Cerro Cristobal, et on se rejoint plus tard. Il me pose au pied de la colline. Je suis habillée pour sortir, avec ma robe et mes sandales. Autour de moi il y a plein de vélos, et quelques coureurs. Je commence à monter, c'est tranquille. Premier plateau, je trouve un plan et me rends compte que cette colline est très grande. Pour aller voir la vierge, point culminant, je dois marcher plus de 2 km, et ça monte  ! Bon ben c'est parti... J'ai pris mon temps, et en tout j'ai dû mettre quasiment 1h à arriver en haut. Sur le chemin j'ai vu tous les côtés. Santiago est située près de la frontière argentine, et de la cordillère des andes. Plus loin vers l'ouest c'est Valparaiso et la mer. Mais en fait Santiago est entourée de montagnes, de tous les côtés  ! En fait il y a une autre petite chaîne de montagne entre la ville et la mer. En haut je ne regarde même pas la vierge, je n'ai d'yeux que pour la vue. La ville s'étend partout où elle peut, jusqu'au pieds de chaque montagne, de tous les côtés.


J'entends parler anglais, et rencontre deux filles. Elles sont américaine et polonaise, ici pour faire du volontariat, un truc organisé où elle vont donner des cours d'anglais. ON admire le coucher du soleil, le changement des couleurs. Dès que le soleil passe derrière la montagne, on commence à descendre. Il fait vite sombre sur le chemin, et nous ne sommes pas très bien équipées. Arrivées en bas, je dois marcher encore un bon moment pour revenir dans le quartier où j'étais ce matin, où je dois retrouver les autres. Nous passons dans un quartier où ça bouge. Il y a beaucoup de bar et de resto, avec des tables dans la rue, et tout est plein. Puis je passe dans le Patio Bellavista, où il y a encore plus de monde. Je croise même de la musique live dehors. J'ai beaucoup marché pour arriver en haut, et là je marche encore beaucoup, tout ça avec mes sandales. Je suis contente d'arriver. Le quartier est très sympa la nuit. Ignacio m'a prévenu que lui arriverait plus tard parce qu'il reste jusqu'à la fin du concert. Mais son amie soliste est là avec les premiers invités. Nous sommes dans un resto sympa, mais je ne connais personne. Je demande au serveur, français, qui m'indique le coin réservé pour eux. Je m'y installe, pas très à l'aise car je ne connais personne, ça fait un peu squattage. Mais je me présente, et très vite un vieux se met à discuter avec moi. C'est le papa de Lilian, la fameuse soliste pour qui tout le monde se réunit ce soir. Il parle français, adore la france, et est super marrant. J'ai passé une bonne partie de la soirée avec lui. Je rencontre pas mal de gens, crève de faim et de soif. Ils me proposent des tapas qu'ils ont commandé, et j'attends mon vin pendant 1h30, pas très bien organisé tout ça. La salle se remplit, et Ignacio et Pilar arrivent beaucoup plus tard. A ce stade j'ai rencontré plusieurs personnes, et je me rends compte que la plupart parlent aussi bien l'anglais que l'espagnol. Quand ils arrivent, Pilar s'assoit à côté de moi et du coup je parle espagnol avec elle. Le concert était grandiose. J'ai passé un soirée sympa, et je me suis fait un nouvel ami  : le papa (et sa femme) m'ont chaleureusement invitée à venir les voir aux Etats-Unis (yes encore un contact là-bas!). Après le resto on va boire un verre chez Pilar et ses colocs. Ils habitent en hauteur et ont une belle vue. Ils sont sympa, ils parlent espagnol. Je suis un peu fatiguée et je ne suis pas tout, mais c'est cool. Dans la voiture plus tard je fais un debrief avec Ignacio, qui a un énorme sourire niais après sa soirée avec Pilar.


Dernier jour à Santiago. Réveil très tôt car Ignacio a un rdv tôt en ville, et me dépose en plein centre ville. Il est tellement tôt que rien n'est ouvert. Du coup je déambule dans les rues tranquillement. Puis je vais au musée des Beaux-Arts que j'avais repéré. C'est minuscule, je fais le tour en 30min.
Puis au grand mall du centre ville, et au Mercado Central dont on m'a tant parlé. Il y a plein de choses, des fruits des légumes du poisson, des endroits pour manger, et des tonnes de gens qui m'apostrophent pour me proposer de manger dans leur resto ou savoir ce que je cherche etc. Je ne m'y sens pas à l'aise, et préfère retourner au mall déjeuner au Burger King... Bon j'ai un peu honte, mais en même temps j'ai boycotté tout ça pendant 2 mois et demi, tant pis je me lâche, du moment que c'est pas McDo. Je reprends ma ballade, passe dans les jolies églises (celles-ci me plaisent, vieilles et décorées comme chez nous), dans une longue rue piétonne bordée de grands magasins, avec des gens en costumes, des mecs qui cirent les chaussures dans la rue, des bâtiments vieux et beaux comme chez nous etc. Je reprends le métro, ici dans chaque station il y a de grandes fresques murales c'est superbe. Arrivée chez Ignacio, personne. Je suis rentrée plus tôt que prévue, et je suis fermée dehors  ! Ce n'est pas grave, je vais me poser au mini parc au bout de la rue, bouquine et fais une petite sieste. Quand je me lève pour repartir, je le croise en voiture. J'ai juste le temps de lui dire au revoir et merci, il part prendre son avion pour Buenos Aires. Moi je reste me poser un peu avant d'aller prendre un bus pour Valparaiso. Je ne suis pas restée longtemps à Santiago, je ne suis pas fan des grandes villes, c'est toujours un peu moche, et toujours un peu pareil. Mais il a fait beau, et j'ai passé quelques bons moments. Pour aller à Valparaiso, c'est tout un périple. En sortant de la maison, je marche un peu, puis je prends un taxi pour aller à la station de métro (1700 pesos rien que pour ça!), puis la moitié de la ligne de métro. Je me suis trompée de station, je suis sortie à la gare de train. Du coup j'ai dû marché un moment, et j'ai fini dans une gare de bus que je ne connais pas, ce n'est pas la même que celle où je suis arrivée. Il y a du monde partout, beaucoup de queue. Je tente de prendre un billet avec les bornes, mais elles n'acceptent pas ma CB. Je me résous donc à faire la queue. Je finis par avoir un billet pour 3000 pesos, quasiment 2h, le bus part dans 5min. Il n'y a quasiment personne, et je m'installe tranquillement. Je suis en haut, à l'avant, j'ai donc une grande vue pour moi, et je profite du coucher de soleil sur la route.

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