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lundi 17 février 2014

La Patagonie en stop : le début de la route !


 ça y est cette fois le voyage commence pour de bon. Je suis toute seule sur la route avec mon sac à dos. Il ne fait pas très beau. Je tends le pouce, et rapidement un mec m'emmène à la sortie de la ville, à une station essence. ça ne m'inspire pas, et au bout de 5min je marche un peu plus loin. Très bonne idée : j'arrive à la limite physique de la ville. Il y a un contrôle de police, où ils enregistrent mon passage (au cas où). Les gens qui passent ici, vont vraiment en dehors de la ville cette fois. Et il n'y a qu'une seule direction ! Au même endroit il y a un couple d'autostoppeurs. Ils ne sont pas très sociaux, et on reste chacun de notre côté. Il n'y a vraiment pas bcp de monde qui passe, et surtout des camions. ça ne marche pas trop...
 Au bout d'un moment à galérer, une camionnette s'arrête checker un truc, et halleluia, il me prend ! Je ne voulais pas trop monter dans un camion, mais là je n'ai pas trop le choix, et puis il est tout petit et le mec a l'air cool. C'était un très bon choix ! Il est très gentil, s'arrête sur la route pour que je puisse prendre des photos etc. Bon avec la charge et tout, on a quand même mis 3h30 pour arriver à destination, mais ça a marché ! Il m'a même fait faire le tour de la ville en arrivant, juste pour me montrer, avant de me laisser au centre.

 La route était vraiment magnifique. Au début c'est le paysage d'Ushuia : montagnes enneigées, mer. Vue incroyable sur un lac. Puis ce sont des collines vertes. Rapidement les montagnes s'éloignent et c'est tout plat, on voit vraiment très loin, sentiment de liberté. On arrive dans la pampa patagonienne : rien, à perte de vue. C'est très sec, il y a quelques moutons, on imagine les grandes estancias. Et je croise mes premiers guanacos ! Ce sont des cousins des lamas, il y a en partout ici. Enfin on atteint le bord de mer (Atlantique). La mer est loin (marée basse), mais la route est belle, en plus il fait beau. C'est tellement joli ici, je me dis que je resterai bien un peu, genre aller dans un estancia et tout. Et vous savez quoi ? Je pourrais rester ! Je peux faire ce que je veux, je n'ai pas d'impératif. Du coup j'ai tenté le coup, mais en fait c'est super compliqué d'aller dans une estancia, il faut réserver longtemps à l'avance et tout laisse tomber.
Bref j'arrive dans la petite ville de Rio Grande, mon chauffeur me lâche sur la place centrale. Je vais à l'office du tourisme me connecter à internet. Normalement j'ai un couch pour ce soir, mais je n'ai pas de nouvelles, et elle ne réponde pas. Je m'inquiète. Une autre vient de m'accepter aussi, je ne réfléchis pas longtemps et décide d'aller chez elle. Muni de son adresse, je demande à la fille de l'office de tourisme de m'expliquer comment y aller. finalement elle m'y emmène, puisqu'elle habite à côté ! Elle m'emmène jusque devant la porte de mon hôte. Je suis accueillie par son fils, 21 ans, fan de magie (il m'a fait des tonnes de tours de cartes), sa chérie, et la grand mère. Super accueil. Ce soir là je me force à rester à table pour donner le change, mais j'ai du mal : on finit vers minuit. Par contre, quel festin ! La belle fille a fait la cuisine, des espèces d'escalopes milanaise, c'était incroyablement bon !!! Première journée de stop réussi, et en plus journée à 0 euros !


Deuxième jour de stop. Mon hôte me pose à la sortie de la ville. Il est 9h, je suis au milieu de rien. Il y a la mer (loin) d'un côté, du vent, du soleil. Et très peu de voitures... Mais au bout d'un moment, je me fais emmener jusqu'à San Sébastian, la frontière Chilienne, environ 1h de route. Il n'y a rien ici, juste la frontière. Je fais tamponner mon passeport (ça y est je suis au Chili !), et traîne autour des voitures pour trouver un autre ride. Je me fais embarquer par un couple avec bébé, jusqu'à la Bahia Azul (environ 2h de route). Ici on doit prendre un ferry pour traverser le canal, c'est la limite de l'île de Terre de Feu. Mes chauffeurs prennent une autre route ensuite. je profite que toutes les voitures fassent la queue pour le ferry pour trouver un autre ride. Après avoir le tour, je choisis consciencieusement une voiture chilienne avec 2 gars, qui vont m'emmener jusqu'à Punta Arenas ma destination. Ils sont en déplacement professionnel. La traversée en ferry dure genre 20min, et est très sympa. La route ensuite dure 2 bonnes heures, majoritairement de la pampa. J'en profite pour faire quelques photos : ici il y a des guanacos, mais aussi des ñandus (entre l'autruche et le bip bip), et des renards. Et il y aussi beaucoup de voyageurs en vélo !

A Punta Arenas, ils me lâchent au milieu de rien, en me disant que le centre est à 1km par là. En fait c'est bcp plus loin... Je trouve un coin pour récupérer des pesos chilien, et attend un bus. Finalement un de mes chauffeurs, une fois le véhicule de fonction posé, passe devant moi avec sa voiture perso, et m'emmène en ville ! Il me pose juste devant l'auberge (pas de couch trouvé ici). L'auberge est toute petite, mais la chambre et le lit sont super. Il y a beaucoup de monde qui vient ou va à Puerto Natales (ma prochaine destination), pour faire le fameux trek de 4j. Les filles essaient de me convaincre de le faire.

Je vais faire un tour en ville. Elle n'a rien de spécial, à part la ballade au bord de mer qui est vraiment très sympa. En fait c'est le Estrecho Magellano, mais bon on est pas loin du Pacifique ! Et là on est vraiment au bord de l'eau (bleue), et ça me fait trop plaisir de retrouver la mer !!! J'en profite aussi pour me renseigner dans une agence de voyage : il y a moyen de profiter du Parc Torres del Paine sans faire un trek de 4j. Laisse tomber, je ne suis pas prête pour ça. Je passe au mercado municipal voir les fruits de mer frais, et m'achète une barquette de cevicho de saumon. Je passe la soirée dans mon coin sur internet, à tenter de mettre à jour mon blog (gros boulot). Les jeunes de l'auberge boivent et rigolent dans la cuisine, mais moi j'ai envie de me poser. je discute quand même avec une québécoise dans ma chambre. Deuxième journée de stop très bien réussie ! J'ai très peu galéré et je suis tombée sur des gens très gentils. J'ai adoré faire la route. ça m'a motivé pour continuer, demain rebelote !




Donc le jour d'après, je prépare mon sac, cette fois ci nouveauté : je mets tout dans mon grand sac. ça fait plus lourd, et ça équilibre moins qu'avec le petit sac devant, mais je suis plus libre. Pour aller à la sortie de la ville, je prends un colectivo (bus en argentin) au coin de la rue. Et là je découvre qu'ici au Chili, un colectivo en fait c'est un taxi collectif : ils ont des trajets fixe, un prix fixe (genre 50 centimes d'euros), et ils sont tjr pleins. Ensuite je marche un peu. Il y a beaucoup de vent, mais pour l'instant il ne fait pas trop froid. J'arrive à la station service qu'on m'a conseillée. Il y a là un jeune qui fait du stop aussi, apparemment il est là depuis 3h... Lui est calé au coin, entre la route et la sortie. Moi je tente ma chance avec mon carton en allant voir directement les voitures. Mais rien. au bout d'un moment je suis les conseils d'un conducteur et vais un peu plus loin, après le dernier carrefour. Ici les voitures qui passent sortent vraiment de la ville (encore une fois, la station service n'est pas le mieux...). L'autre auto-stoppeur me rejoint, et on fera la route ensemble aujourd'hui. Premier ride rapidement : un femme du coin, qui nous emmène à un croisement à 1h d'ici. Mon collègue est Chilien aussi, donc j'avoue je les laisse faire la conversation.

Elle nous laisse dans un trou paumé. C'est assez horrible. La route est une piste, il n'y a vraiment rien du tout ici. Et surtout, il y a un vent de folie, genre vraiment dur. Et froid. On ne peut pas rester en place sur la route. Il y a un espèce d'abri tout petit, miteux, on se réfugie dedans après chaque voiture. On passe un moment ici, à galérer dans le froid, et je suis contente de ne pas être seule. Dans l'abri, il y a plein de petits mots, dans toutes les langues. Apparemment il y a eu bcp de monde ici qui a attendu, longtemps, dans le vent, de trouver une voiture. ça ne rassure pas. Mon préféré : "faire du stop avec beaucoup de vent ? challenge accepted !".


 On finit par trouver un ride, un bon 4x4 avec un mec super cool. Il reste au moins 2h de trajet, jusqu'à Puerto Natales. Je le laisse aller devant et discuter, moi j'avoue que je me planque derrière pour comater un peu. Mon collègue doit rejoindre ses potes pour prendre le bus pour le parc, pour faire le fameux trek. On le dépose là-bas. Mon chauffeur m'emmène ensuite direct à mon auberge, il est super cool. La route n'était pas très fun aujourd'hui, bcp de pampa, rien de bien joli. Je me pose vite fait à l'auberge, la chambre très bien mais aucune sécurité. Aujourd'hui j'ai vraiment souffert du froid, le vent est mon pire ennemi. Et je ne me sens pas de faire le trek, vraiment je ne suis pas prête. Je décide de trouver une excursion pour aller voir le parc sur une journée. Je vais faire un tour en ville, me balader. Je vais voir dans toutes les agences de voyages, et finis par trouver le bon plan. Toutes les excursions sont identiques, quasi le même prix, mais je finis par la trouver moins cher. Etant dans la ville du trek, je vais me racheter un couvert (multifonction), puisque j'ai oublié le mien à Punta Arenas. La petite ville n'est pas trop à mon goût, et il fait toujours un vent méchant donc je ne traîne pas trop. Je passe ma soirée à glander et à blogger, en discutant avec les gens. J'en vois plusieurs qui préparent leur sac pour le trek c'est marrant.


Les trekkeurs de Torres del Paine
Jour suivant : pas de stop ! Aujourd'hui c'est tranquille. Après m'être levée, je monte dans un bus confortable, dans lequel je vais passer la journée. Je fais une excursion en bus jusqu'au parc Torres del Paine. C'est un peu lamentable, comparé à tous les autres qui font le trek. Mais c'était cool. Globalement, j'ai passé ma journée dans le bus à rouler et à faire des arrêts photos. Le temps était avec nous, et du coup j'ai pu vraiment voir les fameuses tours (souvent cachées par les nuages), et tout le reste. J'ai aussi fait une petite marche pour apercevoir le glacier. Il y avait tellement de vent de côté que je marchais de travers. J'en ai pris plein les yeux. Et je suis contente de ne pas avoir fait le trek. J'en ferais d'autres (moins violents) plus tard. Dans le bus je rencontre un couple qui part en voiture à El Calafate demain, et ils vont m'emmener ! Même pas besoin de faire du stop, trop cool !!!

las Torres del Paine

los cuernos del Paine







Le soir je me pose un peu, puis je passe la soirée avec des gens de l'auberge. On joue un peu au dobble, j'apprends quelques variantes chiliennes. Et on va boire un coup dans un bar. Comme toujours, ici on prend des bouteilles de bière, et il y a du pop corn. Ensuite on va dans un autre bar où il y a plus de monde, et on rencontre des locaux. Je goûte le pisco, boisson chilienne, alcool blanc. J'aime bien. On finit la nuit assez tard.

Cette première expérience en stop m'a donné envie de continuer. La petite escapade au Chili fut brève, je retourne en Argentine le lendemain. Je n'ai pas vu grande différence. J'espère ne plus avoir aussi froid. Et j'ai hâte de faire des randos à El Chalten.

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